L’adoption n’était pas pour moi !

Ce texte est un deuxième écho de Céline à mes articles. Il fait suite à celui intitulé Quand l’enfant ne vient pas.

Steve et Stéphan avec leur nouvelle grand-maman

Le deuxième OUI avec Jocelyn, encore plus difficile que le premier, a été de m’ouvrir à l’adoption. Déjà, adolescente, je m’imaginais enceinte et avoir des filles… Moi qui ai grandi dans une famille majoritairement masculine (8 gars pour — ou contre ? — 1 fille), j’étais certaine que mon corps se refuserait à produire des garçons! Sans blague, je souhaitais ardemment avoir des filles. Au moins une, hein ?

Nous avons dû attendre sept ans avant qu’une proposition d’enfants nous arrive soudainement, comme on tombe enceinte ! Sept ans, c’est long en mois et en jours d’ovulation… 84 mois et beaucoup, beaucoup « d’essais » pour enfanter. Et des litres de larmes à pleurer mon infertilité.

Alors lorsque cette « annonce » est venue soudainement, j’ai d’abord senti un NON surgir : je ne souhaitais pas de jumeaux… et ils étaient « vieux » ! Lorsqu’on rêve d’un petit poupon, voir débarquer dans notre vie deux enfants qui ont déjà presque trois ans… OUFFF ! C’est dur pour une personne qui a le NON facile ! Encore plus difficile lorsqu’il s’agit d’une « primipare » !!!

Mais j’ai dit OUI. Et nous sommes partis rencontrer la maman. J’étais pleine de questions et d’inquiétudes. Je pressentais les difficultés à venir. Je suis une personne très intuitive… et j’aurais préféré que mes intuitions me mentent, mais…

Lorsque nous sommes allés chercher les jumeaux, je me souviens encore du mouvement intérieur qui me poussait à prendre mes jambes à mon cou et fuir ! Je crois que je n’ai jamais eu autant peur de ma vie. De « vrais » enfants, pas juste un désir ou un rêve mais la réalité crue ! Steve me dévisageait et me remplissait d’un fort sentiment d’insécurité… face à sa propre insécurité. Qui étais-je pour prétendre remplacer sa maman naturelle ? Je n’avais hélas aucune prétention à ce moment : cela m’aurait sans doute aidée un peu de me sentir pleine d’assurance, mais j’étais au contraire dévastée par la peur. Sérieusement, je serais repartie chez moi en disant : c’est trop dur, je renonce. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit là… et quand il a fallu les mettre dans notre voiture le lendemain matin, j’ai ressenti une douleur incroyable. Ces petits ne méritaient pas ce qui leur arrivait. Je me sentais comme un kidnappeur d’enfant… J’avais le sentiment de leur voler leur vie…

Alors ce OUI, je l’ai dit, mais c’est dans ma foi que j’ai du puiser l’énergie du OUI. L’abandon dans la foi en mon Dieu d’Amour, mais dans la terreur intérieure face à mes incapacités et mes limites. Et malgré tous ces tourments intérieurs, si c’était à refaire, je redirais OUI encore une fois. Parce que ce fut pour moi une chance unique de connaître ces enfants merveilleux et parce qu’ils m’ont aidée à grandir. Je redirais oui à Steve et Stéphan : ce sont des perles précieuses dans ma vie.

Voilà comment j’ai dit OUI à l’adoption… une première fois : parce qu’il y en a eu d’autres elles aussi précédées par des NON. Mais ça, ce sont d’autres histoires à vous raconter…

La suite par ici : Adoption, post-partum et reconstruction—>

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5 avis sur « L’adoption n’était pas pour moi ! »

  1. Merci Céline pour cette Authenticité
    ……et votre parole  »un oui dans l’Abandon dans la foi à mon Dieu Amour mais dans la terreur intérieur façe a mes incapacités et mes limites » elle m’a entré droit au coeur.

  2. Merci Caroline pour tes gentils commentaires. Ça me touche beaucoup.
    Et merci aussi à tous les autres qui m’en ont adressés. Je trouve ça un peu … euh, je ne sais pas comment le dire… mais parfois, quand je rencontre des gens qui me disent qu’ils m’ont lue, je me sens un peu gênée, parce qu’ils SAVENT ! Mais après, je me dis que je ne crains plus les jugements des autres, je me suis moi-même tellement torturée avec mes propres jugements : comment craindre celui des autres ?
    Si j’ai accepté d’entrer dans cette démarche avec Jocelyn, c’est que j’aimerais que ceux qui lisent puissent comprendre à quel point ma petitesse et ma fragilité m’ont poussée à m’appuyer sur le Dieu de l’Impossible comme un vieillard s’appuie sur sa marchette ! Et que cette vulnérabilité accueillie et offerte au Père m’a permis de devenir de plus en plus forte dans ma foi.
    Merci à tous. Et je vous souhaite d’être touchés par l’Esprit Saint en ce temps de Carême !
    Céline

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  4. J’aime ce texte parce qu’il nous fait entrer dans ton point de vue sur ce tournant de vos vies. Ce n’est pas une narration objective, c’est un récit qui, malgré nous, nous rend empathique. On se met à ta place grâce à tes mots.

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